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Détails de la maquette du pavillon japonais à l’exposition de Paris (1937), Junzo Sakakura

En parcourant la très belle exposition consacrée à l’architecte Junzo Sakakura, tout premier japonais venu travailler auprès de Le Corbusier et grand ami de Charlotte Perriand, aux Archives de l’architecture moderne à Tokyo, on se met à penser que ce sont ces japonais qui portent le mieux l’héritage de Le Corbusier. Désencombré de querelles idéologiques, ils exploitent pleinement son enseignement des formes, des matériaux et le génie des détails.

National museum of western art, Le Corbusier, 1959, Tokyo

National museum of western art, Le Corbusier, 1959, Tokyo

« Au début des années 60, lorsque j’ai commencé ma carrière d’architecte, je n’imaginais pouvoir créer un concept qu’en luttant contre la réalité qui se dressait en face de moi et en critiquant les travaux réalisés par Le Corbusier dans le passé. Cependant, la ville a connu la guerre et à partir de ce moment-là, le concept s’est transformé. Toutefois, dans le modèle urbain d’avant-guerre de Le Corbusier, on ne peut presque rien trouver d’utile pour reconstruire une ville que l’on a vue détruite. Le problème ici est plutôt qu’il s’agit d’une ville réelle restée en ruines. En effet, je pense que Le Corbusier avait compris ce problème intuitivement, pas en tant qu’architecte urbaniste, mais en tant qu’artiste.

Arata Isozaki, « 1960, l’année où l’on commence, au Japon, à oublier Le Corbusier », 1997

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DISCONT, Takamasa Yoshizaka, 1998

 » I am waiting for the day that our world will again return to its original chaos. The Japanese are a bit too clever and like to find a mid-point between chaos and order. They have the spirit to respect Jingorou, who denied perfection when he forgot an umbrella. After being trapped by Western chauvinism, they moved towards another extreme – which proved equally dangerous. On the other hand, some are still railing against rationalization ; they may be alright. It is better not to wish for eternal life ; the ancient greeks understood that we live in a limited world. But, I wonder if the Japanese are smart enough to know this. »

Takamasa Yoshizaka, « Speech of the died slug », 1971

Port de Kesennuma détruit par le tsunami du 11 mars 2011

Port de Kesennuma détruit par le tsunami du 11 mars 2011

« Ce fut le projet de construction le plus grandiose de tous les temps, qui lui valut pour ça l’échec le plus fécond. L’humanité avait renoncé à tout autre désir, tout autre métier : l’Écriture dit qu’elle employait des mots uniques, devarim ahadim. Elle s’était concentrée exclusivement sur une seule tâche, comme une société d’abeilles, de fourmis. Dieu la détourna de cette impasse : on ne pouvait atteindre le ciel avec des pierres et de la chaux. La foule qui s’était réorganisée après le déluge était une foule apeurée. Elle rêvait d’un lieu qui ne serait jamais plus englouti, une hauteur qui fonderait une alliance avec le ciel. Tel était le but de la tour. Dieu intervint par le don mystérieux des langues qui nous contraint à apprendre les multiples façonsde nommer le même soleil, le même pain. En échange, nous avons eu les alphabets, les prières, les chants. Et nous eûmes le vaste monde à habiter, nous détournant ainsi de l’illusion d’un centre. »

Erri De Luca, Noyau d’olive

Merci Claire R.

Teshima art museum, Ryue Nishizawa

Teshima art museum, Ryue Nishizawa

When a feeling reaches its highest pitch, we remain silent, because no words are adequate. Even seventeen syllabes may be too many. In any event, Japanese artists, more or less influenced by the way of Zen, tend to use the fewest words or strokes of the brush to express their feelings. When feelings are too fuly expressed, no room is left for the unknown, and from this unknown start the Japanese arts.

Zen and Japanese culture, Daisetz T. Suzuki