Setouchi, octobre 2013

Setouchi, octobre 2013

 » Car le vide a ceci de supérieur au plein qu’il est riche de mille circulations : chaque disparition libère une nuée d’informations et de détails qu’aucune certitude ne viendra jamais souiller. L’humanité n’accède au sublime qu’en s’évanouissant. »

La conjuration, Philippe Vasset

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Café-atelier à Yokohama

 

Il y eut une certaine naïveté dans les anciens projets de Le Corbusier. Il groupait les cités autour de « centres civiques ». Nous savons trop bien aujourd’hui qu’un telle centre deviendrait aisément le « noyau » fonctionnel et opérationnel d’une bureaucratie qui veillerait de près sur l’intégration de la communauté. N’y a-t-il pas une naïveté un peu analogue dans l’idée de « couronner » la Ville nouvelle par une Académie qui offrirait des locaux aux membres de la communauté ayant des vocations artistiques ? Bien entendu, le projet n’est pas absurde et révèle une extrême bonne volonté, tout à fait digne d’estime.

« Utopie expérimentale : pour un nouvel urbanisme » Henri Lefebvre in : Revue française de sociologie. 1961

Réunion de village

La thèse est semée de petits trésors.

J’en veux pour preuve cette ouvrage traduit du japonais « La communauté rurale au Japon ». Il s’agit d’une enquête faite dans les années 50 au Japon qui analyse les rapports sociaux au sein des villages japonais. Il dépeint un système féodal dont on retrouve certaines particularités de nos jours dans l’organisation sociale des quartiers. L’ouvrage traduit avec le concours de la Maison Franco-japonaise peut sembler un peu dérisoire, voire désuet mais sa critique doucement cruelle de la communauté japonaise me l’a rendu essentielle. Cependant, il me permet de déconstruire d’une autre manière ma vision trop souvent idéalisée du groupe au Japon.

Militons pour la traduction des ouvrages de niche !

Fujimizaka

Il fut une époque où voir le Mont Fuji à Tokyo n’était pas si exceptionnel. L’apercevoir au bout sa rue, cependant, ne suffisait pas ; il fallait recréer l’expérience de son ascension. Fidèle à cette idée de miniaturisation du monde propre au jardin japonais, on trouve dans la ville de petites montagnes que l’on peut gravir pour bénéficier d’une vue plus dégagée. Certaines sont plus sophistiquées en proposant plusieurs chemins, des autels ou encore des grottes.

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Souvent ces bâtiments iconiques, trop photographiés, ne résistent pas à une visite. La médiathèque de Toyo Ito surprend par une forme de modestie, c’est à dire la poursuite du concept simple de libérer l’espace par l’utilisation de ces « arbres » qui cache (ou montre subtilement) les circulations. Le bâtiment se tient à cette seule idée.